Tout a commencé en Amérique du Sud...
22 Août 2013
Un chaos, la capitale du Pérou. Une ville tentaculaire qui s'étend sur des dizaines de kilomètres. 8 millions d'habitants, pour les estimations les plus basses. 12 millions, selon certains. Dont 50 % qui vivent dans des pueblo joven, des bidonvilles, adossés aux collines.
Lima est située au bord de l'océan Pacifique. Son centre historique est classé au patrimoine mondial de l'Unesco.
Le climat à Lima est subtropical désertique, mais l'humidité est très élevée : 100 % en ce moment. C'est quasiment toujours couvert et il ne fait pas chaud. Étonnant pour cette latitude mais ce climat atypique provient des eaux froides du courant de Humbolt qui longe la côté péruvienne et de la proximité de la Cordillère des Andes qui empêche l'air de circuler.
Comme à mon habitude, j'aime visiter les quartiers populaires. Je fais une balade à pied dans un quartier "chaud", je n'ai que très peu de photos car il vaut mieux ne pas sortir l'appareil ici.
Dans les rues, souvent sans bitume, pleines de trous et de détritus, il y a des barrières à chaque extrémité... mais pourquoi ? Je me suis posé la question toute la journée. José, avec qui j'ai discuté en buvant un café après cette expédition, m'a expliqué que ces barrières servent à limiter le trafic de drogue dans les quartiers pauvres. Le soir venu, les policiers les ferment, empêchant ainsi la circulation des voitures. Seules des portillons sont ouverts pour laisser passer les piétons.
Une méga-ville dans le désert !
Lima est la seconde ville la plus grande au monde construite dans un désert, après Le Caire en Egypte. Son approvisionnement en eau est un vrai désastre écologique. Il n'y pleut pas plus de 6 mm par an.
j'ai visité le parc de la Reserva, qui comporte d'impressionnantes fontaines, mais le plus intéressant est l'exposé sur la problématique de l'eau à Lima :
Au bidonville, l’eau courante et l’évacuation des eaux usées ont été installées, dans tous les quartiers, en 2007. Pour ses habitants, ce fut une petite révolution ! Avant, chacun possédait un bidon bleu, rempli tous les deux jours par un camion-citerne. Parfois, les réserves étaient justes, et la nuit, certains allaient puiser de l’eau directement chez leurs voisins... L’eau en citerne était parfois contaminée, apportant avec elle des parasites. L’installation de l’eau courante a donc bouleversé la vie de milliers de gens. Elle signifiait aussi une amélioration des conditions d’hygiène. Tout comme l’évacuation des eaux usées, qui évitait alors de déverser les eaux sales n’importe où, et permettait dorénavant de canaliser les excréments...
Mais où vont ces eaux usées ? Pour au moins une partie, directement dans l’Océan pacifique, qui accueille les égouts de Lima ! Il parait que par satellite, on voit cette tâche colorée, au pied de cette mégalopole de 8 millions d’habitants.
Mais d’ici quelques années, Lima risque de vivre une crise sans précédent. Située dans un désert, où il ne pleut presque jamais, la capitale péruvienne est actuellement alimentée en eau par les glaciers des Andes, qui chaque année fondent et se régénèrent. Avec les changements climatiques, ces glaciers sont en train de disparaitre. Auparavant, les neiges se situaient à 4000 mètres d’altitude. Il faut aujourd’hui monter à 5000/5500 mètres pour les trouver. Et Lima risque de manquer d’eau, d’ici à 2020 ! Comment fera-t-elle pour approvisionner ses habitants, quand les glaciers auront disparu ?
Le gouvernement a un plan : non pas protéger ses ressources naturelles en limitant les nombreux projets miniers qui utilisent des millions de mètres cube d’eau, mais désaliniser l’eau de l’océan. Un plan coûteux, qui apparait actuellement comme l’unique solution. Et qui aura forcément des répercussions sur le prix de l’eau. Les habitants des bidonvilles y auront-ils toujours accès ? La guerre de l’eau pourrait bien aussi avoir lieu dans la capitale du Pérou.
À l'opposé, voici le quartier Miraflores, très branché, ultramoderne, LE quartier riche de Lima.
Puis le centre historique :
Et le musée d'art contemporain. Quelques photos d'œuvres qui m'ont plu :
Spécialités locales :
Mais je ne l'ai pas goûté, j'ai préféré tester celui-ci :
"Situé dans la Vallée d'Ica, à 50 kms de l'Océan Pacifique et à 300 kms au sud de Lima, Le Domaine Tacama, d'environ 180 hectares, est encerclé par le désert, sur des sols graveleux. Les vents, appelés "Paracas", sont puissants et dessechants et particulièrement adaptés à la vigne.
Tacama utilise le savoir-faire français depuis les années 1920 (barriques françaises, oenologues français pour la vinification) et ce vignoble typiquement péruvien produit l'un des meilleurs vins du pays."
Un vin délicieux !
J'ai aussi goûté les anticuchos, brochettes de coeur de boeuf macérées au vinaigre et au piment aji panca et grillées.
Et en dessert, des picarones, beignets frits de farine de patate douce et de potiron baignés dans du miel.