Tout a commencé en Amérique du Sud...
12 Février 2014
Le lendemain de ma rando à Kuélap, je quitte Tingo dans un petit bus déglingué plein de meubles en bois pour aller à Leymebamba, où il y a un musée très intéressant à visiter.
Le musée, ouvert en juin 2000, contient plus de 200 momies et leurs offrandes funéraires récupérées en 1997 du lac des Condors lors d'un projet archéologique dirigée par Mallqui Center. Le sauvetage a permis de récupérer pour l'histoire locale une collection archéologique précieuse qui était en danger de disparition à cause de pilleurs et visiteurs peu scrupuleux. D'une initiative de la fondation Bioanthropology Mallqui Pérou-Centro, la construction du musée de Leymebamba a été rendue possible grâce au soutien financier d'un groupe de citoyens autrichiens et d'autres dons privés.
Le musée est géré par une association des villageois de Leymebamba.
Les momies du lac des Condors
La préservation des restes humains du lac des Condors est extraordinaire. Malgré le climat et l'eau qui tombe des cascades depuis la corniche qui protège les chullpas (tours funéraires et chambres de stockage), le rebord sec où ils se trouvaient possède un microclimat frais et sec, ce qui a contribué à la préservation des restes organiques .
Apparemment, les Chachapoyas n'embaumaient pas leurs morts, mais ont délibérément choisi les lieux de sépulture qui ont permis la conservation des corps. Les preuves suggèrent que ce sont les Incas qui ont introduit les techniques d'éviscération et d'embaumement.
Des études préliminaires indiquent l'habileté des embaumeurs de la lagune des Condors . La peau des momies a été traité comme du cuir, des morceaux de coton placés sous les joues, la bouche et les narines, ont aidé à préserver les traits du visage. La décomposition était contrôlée en vidant la cavité abdominale depuis l'anus et en scellant le trou avec un bouchon de tissu. Les corps ont été réduits à leur minimum en volume et poids : les articulations sont forcés à tel point que la position de flexion des momies n'est pas naturel. Enfin, les corps étaient enveloppés dans des couches de tissu, agissant comme un isolant, méthode qui a également contribué à leur préservation.
Le lendemain, je vais à Cajamarca, pays du fromage ! La ville est située à 2850 mètres d'altitude et le paysage environnant ressemble à la Suisse... De nombreux magasins vendent du fromage produit localement.
Après Cajamarca, je file sur la côte à Trujillo, centre de la culture Moche où l'on peut notamment voir le complexe archéologique des Huacas del sol et de la luna.
Celui-ci est situe à 8km. Au sud de la ville de Trujillo, dans la campagne Moche.
Ce complexe archéologique fut la capitale de la culture Moche, entre les années 400 et 600 A.J. Son étendue actuelle est de 120 hectares incluant les huacas del Sol et la Luna, et le village Moche au milieu des deux huacas.
Les premiers conquérants espagnols furent ceux qui lui donnèrent les noms de Soleil et Lune, croyant que les dits temples avaient été construits par les Incas en honneur à ses deux principaux Dieux. Le plus grand temple pour être celui du Soleil et le plus petit pour être celui de la Lune.
HUACA DE LA LUNA
Il est située en face de l'huaca del Sol, adossée au cerro Blanco. Cette montagne fut considérée comme un endroit sacré, par sa forme pyramidale et sa couleur claire.
La huaca de la Luna est composée de trois plate-forme et quatre places cérémoniales. Son étendue est de 290 m de long sur 210 m de large.
Les travaux de fouilles se sont concentrés sur la plate-forme principale. On y a découvert six édifices superposés, construits sur une période d'environ 600 ans. Chaque édifice fut utilisé en moyenne 100 années, à la fin de chaque période l'édifice était recouvert complétement de blocs d´adobes pour construire un nouvel étage par dessus. Éventuellement ceci était associé à un calendrier cérémonial. Dans le vieil édifice ont été construites des chambres funéraires pour enterrer des prêtres.
L'entrée principale est orientée au nord, lieu où est située la grande place cérémoniale. La place est en cours de fouilles. Depuis celle-ci il est possible d´observer la façade échelonnée de sept niveaux qui fut décorée magnifiquement de peintures en reliefs, couleur ocre mélangée au liquide de cactus. Au premier niveau, on peut observer des guerriers portant leurs armes, ceux-ci , avec l´aide d´une corde tiraient les prisonniers nus. Le deuxième niveau représente des danseurs ou officiers main dans la main habillés de tuniques rouges; le troisième niveau représente des araignées géantes qui portent le « tumi » ou couteau cérémonial; le quatrième niveau des guerriers ayant dans la main droite un harpon avec un poisson; le cinquième niveau représente des félins avec corps de reptile qui portent dans leurs griffes la tête d'une personne, le sixième niveau juste au dessus un long serpent. Et enfin dans le tout dernier niveau, le septième, le plus ancien de la série, il est représenté le dieu Ai-Apaec ou Decapiteur qui soutient dans sa main gauche un couteau et dans la droite la tête d'un sacrifié, au niveau de sa hanche, on peut voir une ceinture de serpents qui s´achève en tête de condor.
Dans une autre place cérémoniale, la plus grande, 60 mètres par 40, on peut admirer, en très bonne conservation de peinture, le visage du dieu Ai-Apaec entouré d´un fond noir avec 16 serpents à deux têtes de couleur ocre.
Autour d'une formation rocheuse ont été découvert de nombreux squelettes de guerriers sacrifiés. Le plus impressionnant est que tous les restes osseux humains représentaient des traces de coupures comme si on avait mutilé les corps.
Au fond la huaca del sol, qui ne se visite pas encore car les fouilles sont en cours, elles ont débuté il y a deux ans
Dieu Ai-Apaec (surnommé "le décapiteur" en raison du traitement qu'il réservait aux ennemis capturés)