Tout a commencé en Amérique du Sud...
7 Octobre 2013
18 et 19 septembre 2013
Je prends un taxi collectif depuis Chinchero (retour de Umasbamba à Chinchero à pied) pour aller jusqu'au croisement de Maras sur la route principale. Puis je vais à pied jusqu'à Maras, environ 8 km.
Maras est un village situé à 48 km au nord-ouest de la ville de Cusco, à 12 km de Urubamba et à environ 3 000 m d'altitude. La température est comprise entre 0 et 20 degrés, il fait très froid dès que le soleil disparaît.
Maras était une ville importante au cours de la vice-royauté (était le principal fournisseur de sel dans les hautes terres du sud ), comme en témoigne l'église et les maisons qui conservent encore les boucliers de noblesse autochtones dans leurs façades. Les maisons sont faites de pisé, des toits et des murs blancs avec des fenêtres bleues , les rues sont faites de pierres et de boue. Dans les linteaux est inscrite dans la pierre la date à laquelle ils ont été construits, le propriétaire ou un bouclier ou un ornement .
Maras a été fondée par les Espagnols en 1556, et a été dirigé par Pedro Ortiz de Orue,encomendero.
À l'heure actuelle la principale activité économique est l'agriculture.
Le lendemain, je pars à pied pour voir Moray. À 7 km de Maras, Moray étonne avec ses terrasses agricoles de forme circulaire qui rappellent un amphithéâtre. Un site qui prouve l’avancement de la culture inca. C’était, à l’époque inca, un centre de recherche agricole, composé de plateformes circulaires en terrasses créant 20 différents microclimats, avec en prime un système d’irrigation. Avec un écart de température atteignant 15 degrés entre la plus haute terrasse et la plus basse, ils pouvaient cultiver de nombreuses plantes provenant des Andes, mais également des milieux tempérés et de la junggle! Il y a même eu la création d’espèces hybrides.
Sur la piste pour se rendre à Moray, je rate le chemin. Un peu plus loin un camion s'arrête et le chauffeur me propose de m'y emmener. Il pleut et il fait froid, alors j'accepte, et le type a une tête sympathique. Je fais donc la connaissance de Christian qui a passé 4 ans à Paris il y a un certain temps, il se rappelle quelques mots de français.
Il m'indique le sentier pour le retour, effectivement c'est bien plus joli par là !
L'aprés-midi, je vais voir les salines de Maras.
Situées au coeur de la Cordillère des Andes péruvienne, à environ 3 000 m d’altitude, un spectacle inattendu : les Salines de Maras. Ces salines existent depuis l’époque pré-inca et se développent entre deux flancs de montagne. L’eau salée sort de la montagne à environ 25°C et alimente presque 4 000 bassins. De nos jours, nous ne savons toujours pas d’où vient la source mais il semblerait que le flux d’eau salée diminue chaque jour un peu plus…
Chaque famille possède plusieurs bassins, qui sont parfois un héritage de leurs parents ou grands-parents, et récoltent donc le sel avant d’aller le vendre sur le marché. On compte environ 700 à 800 familles qui sont organisées en coopérative.
L’extraction du sel se fait à la main, les hommes et les femmes passent leurs journées pieds nus et le dos courbé pour extraire l’or blanc de leurs mains nues. C’est un travail usant qui est réalisé uniquement en-dehors des périodes de pluie. Les bassins sont alimentés par des petits canaux qui sont ouverts ou fermés selon le besoin. L’eau s’évapore sous l’effet du soleil et apparaît alors des cristaux de sel à la surface, ce que l’on appelle la fleur de sel. Après avoir ratissé les bassins, les travailleurs recueillent le sel, forment des tas qu’ils laissent sécher au soleil avant de les transporter dans de grands sacs.
La production annuelle totale oscille entre 160 et 200 tonnes.
Et pour finir la journée, je visite le site de Cheqoq. Le site est interpellant à plus d'un égard. Des escaliers, des plate-formes, des bâtiments rectangulaires, dont les toits étaient peut-être de sorte de chaume, ici, de paille d'ichu. Il semble qu'il s'agisse essentiellement d'un groupe de greniers ou plus exactement de réfrigérateurs incas. Traditionnellement, les qolqas ou colcas sont des entrepôts destinés principalement à garder des réserves alimentaires dans des conditions optimales, hors situés dans des endroits frais. Une étude plus approfondie montre que non seulement ils étaient placés de façon à ce que portes ou fenêtres soient orientés vers des directions les plus froides, captant les vents les plus frais voire glacés de nuits. Mais ici des éléments supplémentaires apparaissent: d'une part des conduits intérieurs susceptibles de capter des courants d'air frais, mais pour un certain nombres d'entre eux il apparait que l'air d'une certaine température n'est pas le seul élément réfrigération ou mieux de thermorégulation. Il semble qu'ici il y ait un contrôle hygrométrique et thermorégulateur.
Car dans l'embrasure des porte d'accès se distinguent nettement des canalisations d'évacuation d'eau. Les ingénieurs auraient combinés les effets de l'eau et de l'air en certains conduits pour générer un véritable circuit de thermorégulation comme dans le principe d'un réfrigérateur actuel. Le vent frais canalisé par les conduits influe sur la température de l'eau et vice versa, maintenant un équilibre transmis aussi à la pierre et à la terre, enfin aux pièces ou espaces où sont entreposés les vivres et autres éléments à conserver. Il faut aussi préciser que toute un série d'aliments ont subit au préalable un traitement destiné à faciliter la conservation.