Tout a commencé en Amérique du Sud...
2 Juillet 2013
Mercredi 26 juin 2013
J'arrive à Chilcapamba (2 500 m) . C'est une communauté indigène quichua près d'Otavalo, à côté de la lagune Cuicocha et dominée par les volcans Imbabura et Cotacachi.
J'avais repéré la communauté sur internet. Il y a une association d'aide à l'éducation et la famille chez qui je loge, le padre est Alfonso Morales, accueille souvent des jeunes volontaires pour travailler dans la communauté et soutenir des projets par le biais de fondations. Le tarif est de 15 dollars par jour, logée et nourrie.
Fransesca, la femme d'Alfonso, me montre un magazine en français dans lequel il y a un reportage sur Chilcapamba et le travail d'Alfonso : Ushuaïa magazine numéro 12 d'octobre 2008. Elle m'expliaue égalememt que sa soeur est mariée à un français et elle me montre des photos du mariage.
Je vais passer 4 jours à faire des randos, à dormir au calme et à partager mes repas avec la famille, composée de 3 enfants : Tupak, Consuelo et Viktor. C'est compliqué pour moi de communiquer car à table ils parlent le plus souvent en quichua !
La différence entre un village et une communauté : dans la communauté, l’organisation est communautaire. S’il y a des travaux à faire, comme le nettoyage des canaux d’acheminement de l’eau, tout le monde est tenu de participer. Et la communauté exerce sa propre autorité.
Chilcapamba compte 120 familles, ce qui fait plus de 600 habitants, dont beaucoup d’enfants. Les gens vivent des cultures, de l’élevage et de l’artisanat. Ca ne suffit pas toujours, et ils sont souvent obligés d’aller travailler dans les villes proches, dans le bâtiment essentiellement.
Alfonso, est simple et pourtant…il fait de grandes choses. C’est lui et ses frères qui ont créé la communauté, quand le village souffrait d’une grande pauvreté. Il a été « chef » de la communauté plusieurs années, et, actuellement, il est responsable du projet d’eau potable sur la région. Et, jusqu’en 2011, il était représentant des peuples indigènes auprès de l’ONU, rien que cela !
Je me suis baladée dans la communauté et ai notamment suivi les canaux d'irrigation. J'ai appris plus tard que certains jours sont décrétés jours de minga :minga est un mot quichua qui représente une tradition sud-américaine andaise de travaux communautaires à des fins sociales. Tous les membres de la communauté devront participer au nettoyage du réseau d'eau. Si, pour une raison ou une autre, certains ne peuvent participer à la minga, ils payeront une amende à Alfonso. Cet argent ainsi ramassé ira s'ajouter au fonds pour le projet d'eau potable. Cette minga est décrétée deux, parfois trois fois par année.