Tout a commencé en Amérique du Sud...
10 Juin 2013
Deuxième partie : Chinalo Bajo - Quilotoa (dénivelé de 1 000 m : 2 800 à 3 800 m)
Le lendemain je me réveille vers 6h. Le temps de faire un brin de toilette au robinet dehors, de replier la tente et de prendre un café gentiment offert par la femme de ménage du centre, je pars vers 7h30. Je n'étais qu'à 3 km de Chugchilán, en arrivant, je vais prendre un petit dèj : encore un assiette archi-copieuse de riz-poulet-bananes frites, des oeufs brouillés, du pain, un café et un jus de fruit. Je pars pour Quilotoa. Le chemin est splendide, mais j'ai dû me planter à un moment car j'arrive à Quilotoa par la route, enfin la piste, au lieu d'arriver par le sentier... Heureusement que j'avais mon bâton, taillé par Michel-Ange (il fallait que je la case celle-là...), parce que j'ai eu quelques frayeurs avec des chiens. A un moment je me suis retrouvée encerclée par 4 chiens, grognant babines retroussées. Moment de solitude...
J'arrive donc à Quilotoa, je suis pas mal sollicitée pour me proposer une chambre d'hôtel, un guide, mais je cherche un endroit où planter ma tente. Deux jeunes filles indigènes à qui je demande veulent me faire payer 1 $, je vais plus loin et un homme m'explique que je peux camper gratuitement au bord du cratère du volcan. C'est très vertigineux, mais magnifique, je m'installe. Je vais voir le village, après avoir fermé la tente avec un cadenas (c'est surtout dissuasif).
C'est quand même très touristique Quilotoa et je n'ai pas du tout envie d'aller manger dans un restaurant pour touristes... Je me paie alors le culot d'aller demander à la maison voisine de ma tente si je peux dîner avec eux, moyennant finances bien sûr. Je dois attendre le retour du chef de famille pour connaître le tarif. Je retourne faire un tour au village. En revenant le mari m'attend devant ma tente, il me propose 3 $ pour le repas. J'accepte ! En entrant chez eux, je me rends compte qu'ils vivent très très chichement : pas d'eau, ni d'électricité, seulement une cuisinière avec une bouteille de gaz et des bougies. Je les aide à allumer des bougies et à les fixer avec la cire sur un seau retourné ou le bout de la table. Nous mangeons une soupe avec des carottes et pommes de terre, puis un plat de riz avec des tomates et du poulet. Ils ont 2 enfants de 9 et 14 ans. Je suis très gênée car je m'aperçois que j'ai un très gros morceau de poulet et eux n'ont que des petits bouts pas terribles. Je partage alors mon morceau avec les enfants. L'ambiance est vraiment particulière, ils se parlent entre eux en chuchotant. La mère pousse son fils aîné à aller chercher ses livres d'école, ils sont très fiers de me montrer qu'il apprend l'anglais. J'ai vraiment l'impression d'être le président, ils n'ont presque rien et partage tout, quelle leçon !
Le confort de la maison est plus que spartiate, de la terre battue, des bâches qui servent de cloisons intérieures, les poules qui entrent et sortent...