Tout a commencé en Amérique du Sud...
12 Juillet 2013
Je vais à Bogotá par le bus de nuit de 18h30, il faut compter 11h de trajet.
En arrivant, je marche depuis le terminal de bus nord jusqu'au centre historique. Je cherche une auberge de jeunesse dans le quartier colonial de la Candelaria.
A l'image de la Colombie, Bogotá est une ville de toutes les contradictions : son architecture futuriste, sa vie culturelle et intellectuelle riche et variée, ses superbes églises coloniales et ses somptueux musées ne peuvent faire oublier les enfants qui errent dans les rues, les mendiants, les bidonvilles, les narcotrafiquants et les embouteillages. Ce violent contraste entre faste et misère, Maserati et mules, en fait l'une des métropoles les plus chaotiques, les plus agressives, mais aussi l'une des plus fascinantes au monde.
Des négociations sont en cours à La Havane depuis novembre 2012 entre la guérilla communiste et le gouvernement de Colombie qui progressent plutôt bien et ont déjà permis d’aboutir le mois dernier à un accord sur la question agraire à l’origine du conflit qui déchire la Colombie depuis près d’un demi-siècle.
«L’accord [sur le développement rural] a pour objectif de remédier aux conséquences du conflit et de dédommager les victimes de spoliations et de déplacements forcés», avait alors indiqué, en présence des délégations des deux parties, le diplomate cubain Carlos Fernández de Cossío, dont le pays, avec la Norvège, est garant des pourparlers.
L’accord de mai portait aussi sur «l’accès et l’usage de la terre, les terres improductives, la régularisation de la propriété, la délimitation des terres agricoles et la protection des zones de réserve», selon le communiqué commun publié par le diplomate cubain et le représentant du gouvernement de la Norvège.
En outre, le mois précédent, le procureur général de Colombie, Eduardo Montealegre, avait estimé que si ces négociations débouchaient sur un accord, il pourrait y avoir une suspension de peines pour les guérilleros des FARC, même en cas de crime contre l’humanité.
Il restait aux parties à s’entendre sur la réinsertion des guérilleros dans la société, et les questions relatives au trafic de drogue, à l’abandon des armes et celle des réparations pour les victimes. Malheureusement un attentat à la bombe qui a eu lieu le 6 juillet pourrait compromettre les négociations de paix. A suivre...
Fondées en 1964, à l’issue d’une insurrection paysanne, les Farc, la plus ancienne guérilla d’Amérique latine, comptent encore aujourd’hui, selon les autorités, quelque 8 000 combattants repliés dans les régions rurales.
Le conflit entre les FARC et l’État colombien, qui dure depuis près de cinquante ans, a fait quelque 600 000 morts, 15 000 disparus et près de quatre millions de personnes déplacés, selon les estimations officielles.